Parcours de « poilus » : Albert Théodule MULOT

{ Parenté } Albert est le père de Simonne MULOT (épouse BOURBON), grand-père de Jean-Claude BOURBON et arrière-grand-père de Stéphanie BOURBON (épouse LANIER).

Albert Théodule est né à Criquebeuf-sur-Seine (76) le 13 mars 1890.
Il est le 2e fils de Damase Séraphin MULOT et d’Adélina Angélina QUENNEVILLE.

Prélude } Service militaire obligatoire

Certificat de bonne conduite d'Albert MULOT - 160e R.I.

Incorporé au 160e Régiment d’Infanterie (R.I.) pour effectuer le service militaire obligatoire, il rejoint son casernement à Toul le 9 octobre 1911, entant que soldat de 2ème classe (matricule 4683). Le 160e R.I. fait partie de la 39e Division d’Infanterie (D.I), 20e corps d’armée.

Il y reste 2 années, jusqu’au 8 novembre 1913, date à laquelle il entre dans la réserve de l’armée après avoir reçu son « Certificat de bonne conduite« .

L’entrée dans la grande guerre

1er août 1914, 16h, tous les clochers de France se font entendre. La mobilisation générale est décrétée pour répondre à l’agression allemande. Albert est incorporé, dès le 3 août, au 5e R.I., appartenant à la 6e D.I. (col. puis gén. Pétain) / 3e Corps d’Armée (gén .Hache). Le régiment est basé à Falaise (14) et compte 3350 hommes pour 3 bataillons. Au 5 août, il est envoyé par le train vers les Ardennes et marche ensuite sur Metz.

La bataille des frontières commence et avec elle, la réalité des premiers combats. Le 23 août :

« Vers 10h, l’infanterie ouvre le feu sur une colonne allemande de toutes armes. Les mitrailleurs allemands se trouvent dans les maisons du hameau de Limsoury et font un grand nombre de blessés du côté français. Il n’est pas possible à l’artillerie française de les réduire au silence. Les dispositions sont prises pour une attaque générale. Une batterie est envoyée sur la crête des Gourdines en vue de préparer l’attaque, mais sur ces entrefaites, un avion allemand repère les unités françaises et un feu d’artillerie d’une rare intensité s’abat sur elles. Vu la supériorité écrasante de l’adversaire, le repli est prescrit vers Thy-le-Château et Berzée, où le régiment arrive vers 19h. La journée a coûté au régiment 30 tués, 332 blessés et 132 disparus. » – source : www.sambre-marne-yser.be

1ère bataille de la Marne (sept.1914)

L’armée française souffre et passe la Marne où se déroulera la 1ère bataille du même nom. Les 13/14 sept., après avoir repoussé plusieurs charges ennemies à la baïonnette, le 5e R.I. tente de déloger des allemands retranchés dans la ferme Sainte-Marie. Selon le JMO (Journal de Marches et Opérations) du 5e R.I., les pertes sont nombreuses ce jour là. Les blessés également. Parmi eux, Albert, blessé par balle au poignet gauche (14 sept.). Cette blessure l’éloignera des batailles pour 6 mois. 

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Extrait du JMO (Journal de Marches et Opérations) du 5e R.I. – 14/09/1914 • Clic pour agrandir

Retour au front avec le 403e R.I.

Albert retrouve la campagne le 8 mars 1915 au sein d’un nouveau régiment, le 129e, mais n’y reste que 2 semaines. La suite se ferait dans le 403e R.I. (151e D.I.), un régiment fraîchement créé et basé au Camp de Mailly dans l’Aube (lien). Il l’intègre officiellement le 21 mars 1915 vraisemblablement en tant que Chef de section.

{ Note } Anne Autin-Simon a réalisé un travail considérable sur le parcours du 403e R.I. La plupart des informations qui suivent sont extraites de son blog.


Dans les tranchées de la Somme (avril-août 1915)

En avril 1915, les 3 bataillons que comptent le 403e sont cantonnés dans la Somme. Les premiers « bleuets » de ce jeune régiment y tombent le 26 avril (lien). Albert et les siens découvrent la « guerre des mines » (lien1/lien2) et organisent la vie dans les tranchées (lien).

« A l’instar d’autres secteurs du front, à l’ombre des grands récits de 14-18, dans la Somme le centre de résistance 71-110 occupé en 1915 par les 403e et 410e ne suscitera jamais d’intérêt particulier. Ici on ne meurt pas dans de grandes offensives meurtrières, on meurt à petit feu; enseveli par l’explosion d’une mine, transpercé par les débris d’obus, frappé par la balle d’un tireur embusqué, tué au cours d’un patrouille ou encore, pour certains, emporté par une de ces sales maladies qui rodent dans les tranchées. Sans compter les blessés qui, à l’hôpital temporaire de Etinehem décèdent après plusieurs jours de souffrances. » – la suite sur : www.photoethistoire.eu

Le 19 juillet 1915, le régiment connaît son jour le plus sombre depuis son entrée dans le conflit, dans le secteur du « bois allemand » où sa traversé des lignes allemandes suite à l’expérimentation de nouveaux obus tourne au fiasco. On compte 27 tués, 13 disparus et 1 blessé (lien). Avant de repartir vers la Marne, les hommes mis au repos par la relève de l’armée britannique, continuent les manœuvres. Certains reçoivent des décorations… quand un autre se fait fusiller pour l’exemple. Motif : « voies de fait et outrages envers un supérieur » (lien).

La Marne, à nouveau (août 1915-mai 1916)

Septembre 1915, Albert MULOT retrouve la Marne avec une une nouvelle journée noire le 25 (lien).

Une trêve dans sa guerre : le 27 novembre 1915, Albert rentre à Alizay (27) pour épouser Marguerite Marie Isabelle DUFRESNE, 22 ans.

A la veille de Noël, le 403e R.I. vient occuper les tranchées du secteur de Souain, à 120 m. de l’ennemi. Une carte extraite du JMO indique le positionnement en première ligne de la section « Mulot », installée dans un boyau secondaire proche de la tranchée « Bédart » touchée le 12 février par l’artillerie allemande (lien).

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Extrait du JMO du 403e R.I. – Secteur de Souain 1915 • Clic pour voir la carte complète

Verdun, à la force des baïonnettes *Citation (mai-juin 1916)

Albert, qui a été promu Caporal le 3 avril 1916, quitte la Somme pour la Meuse et croise par Verdun à l’amorce de l’été. Pendant les combats entre le « ravin de la mort » et le bois de Nawé (lien), ceux du 8 juin sur l’ouvrage de Thiaumont seront particulièrement violents pour son bataillon. Extrait du JMO du 08/06 :

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Extrait du JMO (Journal de Marches et Opérations) du 403e R.I. – 08/06/1916 • Clic pour agrandir

Pour cette action, Albert est cité à l’ordre de la division – n°444 du 9 juillet 1916 :

“Excellent chef de section, s’est dépensé sans compter lors de la dernière contre-attaque du 8 juin 1916, se servant d’un F.M. abandonné sur le terrain et tirant à bout portant sur les allemands avant de partir à la baïonnette.”

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Verdun – Ouvrage de Thiaumont – non datée

Après 17 jours passés à Verdun, le 403e R.I. se positionne près de Reims, un secteur « plus calme ». Il y occupe les tranchées à partir du 23 août 1916 et alterne avec des périodes d’exercices jusqu’aux premiers mois de 1917.

Le Chemin des dames / Caverne du dragon (avril-sept. 1917)

Après avoir participé à l’offensive « Nivelle » le 16 avril 1917, le 403e R.I. obtient une victoire de prestige en occupant la « Caverne du dragon », position jugée inexpugnable. Cet exploit vaudra au 403e une citation à l’ordre de l’armée  – 20 sept. 1917 :

“Chargé le 31 août 1917, sur le Chemin des Dames, d’attaquer les positions du Monument d’Heurtebise (…) A gagné d’un superbe élan tous ses objectifs, faisant 180 prisonniers (…) résistant pendant quatre jours et quatre nuits consécutives à sept contre-attaques ennemies des plus violentes. S’est maintenu sur les positions conquises sous les bombardements intenses et continus. A fait preuve, à nouveau, dans ces circonstances, des belles qualités qu’il avait montré depuis sa formation, à la bataille de Champagne en septembre 1915, à la bataille de Verdun en 1916, ainsi que le 17 avril 1917 dans le secteur de Reims, où il a enlevé tous ses objectifs et fait plus de 200 prisonniers et capturé 8 mitrailleuses. »

L’Aisne, les nerfs à vif *Citation (avril 1918)

Le 12 mars 1918, le régiment vient relever le 19e R.I. dans le sous-secteur de Courson, près de Leuilly (02), où les allemands utilisent largement les obus à gaz. Le secteur est très agité et l’ennemi joue le harcèlement. Les 7 et le 8 avril, les hommes du 403e défendent leurs positions :

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Extrait du JMO du 403e R.I. – 07/04/1918 • Clic pour agrandir

Albert MULOT est cité à l’ordre de la brigade – n°53 du 22 avril 1918 :

D’une grande bravoure au combat. Le 8 avril a assuré à plusieurs reprises et en terrain découvert la liaison avec la compagnie voisine attaquée. A contribué dans une large part à arrêter la progression ennemie.”

Le Caporal MULOT est promu Sergent, le 28 avril 1918. Grade qu’il conservera jusqu’au terme du conflit.

403e R.I., ce régiment d’élite

L’armistice avec l’Allemagne est signé le 11 novembre 1918. Ce jour-là, les 1880 hommes du 403e cantonnent dans les Ardennes :

1918-11-11-JMO-403e-RI-signalement-armistice

Extrait du JMO du 403e R.I. – 11/11/1918 • Clic pour agrandir

Le 1er avril 1919, « au moment où le 403e R.I. se disloque, le Colonel adresse ses adieux à tous. (…) Il remercie encore une fois ses vieux compagnons d’arme (…) qui ont fait du 403e, un Régiment d’élite. »  Le 403e R.I sera officiellement dissous le 20 avril 1919, à minuit.

L’après-guerre

La guerre est terminée. Albert est envoyé en congé illimité à Alizay (Eure) le 31 juillet 1919.
A 29 ans, il retrouve son épouse et Albert Joseph, son fils né le 3 août 1917.
Le 3 mai 1930, Simonne Suzanne Marcelle vient agrandir sa famille.

Le Sergent MULOT (décorations : Croix de guerre avec étoiles de bronze et d’argent / Médaille militaire), devenu ouvrier métallurgiste, décède le 4 avril 1940 à la suite d’une maladie mal-soignée. Il avait 40 ans.

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Albert MULOT – 1938 – Grèves des usines POMPEY à Pîtres (27)


Sources / Lectures annexes (liens)

Sources :
– JMO – Site Mémoire des Hommes -> www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr
– Parcours du 5e R.I. -> www.sambre-marne-yser.be
– Parcours du 403e R.I. -> www.photoethistoire.eu/blogs/blog2.php
– Historique du 403e R.I -> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6236455q
– 403e R.I sur Wikipédia -> http://fr.wikipedia.org

Lectures annexes :
– Certificat de bonne conduite -> http://combattant.14-18.pagesperso-orange.fr
– Cartes postales du camp de Mailly -> www.cparama.com/forum

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